01 Juil 2015

Mon but est de vous faire partager la méthodologie de repositionnement de mon cabinet et de vous permettre de faire des choix professionnels en toute connaissance de cause.
Le sujet traité aujourd’hui est celui de l’importance de se connaître avant d’aller se présenter sur le marché du travail (précédente chronique ici).

L ‘écueil classique à éviter est celui du dérapage de milieu de vie : une personne de 45 ans, ayant réussi son parcours professionnel, qui retrouve rapidement des postes à responsabilité et se repositionne rapidement, mais dont les expériences professionnelles sont de plus en plus brèves. Elle se retrouve alors dans le cas où un parcours de réussite ascendante s’est transformé en une suite d’échecs difficilement revendable. Le fait est qu’aux alentours de 45 ans on se trouve à la croisée des chemins.

Un individu « normal » passe les 20 ou 25 premières années de son parcours professionnel selon la construction qu’il a mis en place pendant son adolescence.
La seconde partie de sa vie professionnelle va de la même façon s’ancrer sur l’analyse qu’il fait de son savoir-faire et de son savoir-être en milieu de carrière. Cette étape de reconstruction est essentielle. Il faut donc se poser les bonnes questions et prendre le temps de le faire correctement.

Pendant la première partie de notre vie, mis à part quelques exceptions notables, nous sommes tous profondément influencés par le milieu dans lequel nous évoluons et par les ambitions de nos parents. Vers la quarantaine arrive le moment de faire le point. Nous nous sommes enrichis de 20 années d’expérience hors de ce cadre et il convient de se poser les questions suivantes :
• L’orientation prise a t’elle été conforme à vos attentes ?
• Qu’est ce qui vous a empêché de faire ce que vous souhaitiez ?
• Quel était votre état d’esprit pendant ces dernières années ?
• Que s’est il passé dans votre ancien poste ?

En fait, même lorsque vous avez été licencié, il s’avère souvent que, quelque part, cette décision vous convenait parce que la situation devenait intenable. N’avez vous pas eu plusieurs fois dans votre carrière ce même type de sensations, de sentiment ou de situation ? Votre réaction a-t-elle été adaptée ?

Tout cela nous amène souvent à réaliser que la situation dans laquelle nous nous trouvons, que nous soyons à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise, n’est pas due seulement à des circonstances externes du type :
• rachat de l‘entreprise,
• changement de notre patron,
• arrivée d’un pair qui veut votre place, etc …

Bien sûr les accidents d’entreprises arrivent tous les jours….mais ce qui est important est la façon dont vous y répondez et dont vous vous y adaptez. En effet, quand ces accidents surviennent, certaines personnes se résignent à plus ou moins court terme à sortir de l’entreprise et d’autres y verront une opportunité de progresser dans cette même entreprise et d’obtenir une meilleure position, plus de responsabilité et un salaire supérieur.

Ce que je veux faire aujourd’hui, c’est vous donner les outils pour que, dans le futur, vous apparteniez à la seconde catégorie, celle qui gagne quoi qu’il arrive.
Pour cela il n’y a qu’une solution : vous analyser en profondeur et sans faux semblants.
• Connaître vos points forts et vous appuyer dessus.
• Connaître vos points faibles, savoir les détecter et mettre au point des stratégies de contournement…

En général, nous avons une relativement bonne connaissance de la façon dont nous fonctionnons, mais dans la majorité des cas, nous utilisons cette connaissance après un problème pour expliquer a posteriori ce qui s’est passé au lieu de nous servir de cette connaissance comme d’un atout pour choisir et maitriser notre environnement.

La différence entre la première démarche (subie) et la seconde (proactive), tient essentiellement à 2 choses :
• le fait de poser sa méthode de fonctionnement sur papier, pour en avoir bien conscience,
• et surtout de l’accepter et de s’en servir, sans aucun jugement, plutôt que d’essayer de se changer.

Une façon rapide peut par exemple consister à passer des tests de comportement.
Il ne s’agit absolument pas de tests d’évaluation, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Le but est de vous connaître mieux et savoir quelles sont les qualités sur lesquelles vous allez pouvoir vous appuyer. Je vais vous présenter plus en détail deux tests que je pratique dans mon cabinet, afin que vous vous rendiez compte de la richesse des informations à exploiter. Il s’agit du MBTI et du SOSIE.

LE MBTI

Ce questionnaire, basé sur la théorie psychanalytique de Jung, identifie les différences qui existent entre les personnes. Cette théorie indique que ces différences sont le fait de tendances innées ou spontanées et qu’elles amènent la création de schémas de comportement. La théorie générale consiste à dire que vous ne serez jamais plus performant que dans un travail qui utilise vos aptitudes innées.
Quand cela n’est pas le cas :

pour être au top de vos performances, vous allez utiliser beaucoup d’énergie et puiser dans vos réserves. Sur une longue période, vous risquez le burn out
sinon, vous vous retrouverez à un moment donné sur le chemin de quelqu’un à qui ce type de travail demandera moins d’énergie, et qui finira par prendre votre place.
De là l’importance de déterminer ce que Jung appelle vos préférences.
Les applications le plus fréquentes sont le choix de carrière ou encore des relations personnelles : couple et choix d’amis.
Vous êtes dans une période ou vous êtes seul et livré à vous-mêmes, il est donc urgent d’aller à l’essentiel :

• Passer de la compréhension à l’utilisation efficace des différences
• Reconnaître ses propres préjugés.

Cela va vous permettre bien sur de vous connaître : déterminer quelles sont vos valeurs, ce que vous apportez à une organisation, votre environnement de travail préféré, ou les risques qui vous guettent…mais aussi de repérer facilement le profil de comportement de vos interlocuteurs et de mieux communiquer avec eux.

Le SOSIE :

Ce test va vous analyser exclusivement dans votre contexte professionnel et va photographier votre situation à un instant donné.
Il va vous analyser selon 4 dimensions :
• Personnelles :
votre degré d’ascendance, votre stabilité émotionnelle, votre estime personnelle…
Cette dimension permet de détecter notamment lorsque vous êtes en dépression.
• Vos aspirations :
quels sont vos moteurs, qu’est ce qui vous donne envie de réussir :
challenge personnel, de considération sociale, de liberté d’action…
• Votre fonctionnement dans le travail :
votre curiosité d’esprit, avez vous plutôt une optique court terme et ou long terme ?, quelle est votre degré d’ implication personnelle ?
avez vous besoin d’avoir des objectifs et une structure définis….
• Vos échanges avec les autres :
votre degré de sociabilité, d’acceptation des autres, avez vous besoin d’approbation, êtes vous conformiste ? quel est votre goût du pouvoir ?

Cet exercice détermine aussi de façon plus globale votre style de comportement professionnel.

SOSIE vous permettra de déterminer des environnements et des conditions de travail qui vous sont particulièrement favorables, mais aussi ceux qui seront très risqués pour votre avenir professionnel

Cela vous permettra aussi dans un second temps de revisiter le passé et de ne pas refaire les mêmes erreurs dans l’avenir.

Bien entendu, d’autres tests peuvent être tout être aussi valables à condition qu’ils soient faits dans des conditions de déontologie stricte et que vous soyez en mesure de vous approprier véritablement le résultat.

J’ai par exemple des doutes sur les tests passés en groupe, sans confidentialité, car la personne aura tendance à biaiser le résultat pour présenter une image plus conforme à ce que la société attend d’elle.

Les tests gratuits fleurissent sur le net et vous donneront quelques indications.
Vous pouvez aussi vous adresser à des professionnels certifiés pour vous faire passer des tests. Cela ne représentera pas une dépense importante au regard des bénéfices que vous pourrez en tirer si vous vous y mettez sérieusement.

Pour conclure, peu importe l’option que vous choisirez, ce qu’il faut retenir c’est qu’il vous faudra travailler sur la détermination des points suivants :
• Dans quel type d’environnement vous fonctionnez le mieux
• Quel est votre profil personnel et professionnel ?