07 Déc 2015

« Quelles sont les règles de savoir-vivre à respecter lorsque vous vous lancez dans une démarche réseau? »

Tout d’abord un préambule chers lecteurs. La plupart de mes clients connaissent une période difficile lorsqu’ils doivent se repositionner. Cette période commence lorsqu’ils doivent entreprendre une démarche réseau. A ce moment-là, ils passent d’une position, à l’intérieur de l’entreprise où les gens venaient les chercher et leur demandaient de l’aide, à une position qui leur est en général totalement inhabituelle, c’est à dire une position dans laquelle ils deviennent eux-mêmes des demandeurs. Ils doivent parfois se documenter sur d’autres univers, d’autres environnements professionnels, d’autres postes, ou tout simplement se présenter auprès de personnes qu’ils ne connaissent pas et expliquer ce qu’ils font et ce qu’ils sont susceptibles d’apporter. Cette étape est particulièrement difficile car ils le vivent comme une perte de légitimité et parfois même d’identité.

Ils ont peur d’être jugés, de s ‘exposer, de commettre des faux-pas dans des milieux dont ils ne connaissent pas les us et coutumes. Mon invitée aujourd’hui est Sophie de la Bigne

Le sujet notre émission sera « : Quelles sont les règles de savoir-vivre à respecter lorsque l’on se lance dans une démarche réseau ? »

Sophie de la Bigne, vous êtes fondatrice de l’art et la manière à la française, qui est une société de conseil à destination des particuliers et des entreprises. En plus de cette activité, vous êtes consultante en savoir-vivre auprès de deux chaines de Télévision : France 2 et TV5 Monde. Vous m’avez donc semblée être la personne la mieux indiquée pour pouvoir donner ce type de conseils à nos lecteurs. Merci de vous prêter à cette interview aujourd’hui. Nous allons chercher à donner à nos lecteurs quelques pistes.

J’ai tout d’abord envie de vous poser une question très générale. Dans un monde qui est en complète mutation, avec des changements incessants, des managers qui sont de plus en plus pressés et de nouveaux moyens de communication qui n’existaient pas il y a seulement 7 ans, quelles sont les règles dont il faut se souvenir ? Quelles sont les règles dont il faut être conscient et quelles nouvelles règles seraient éventuellement à inventer ?

Sophie de la Bigne : Comme vous l’avez dit le savoir-faire existe depuis de nombreux siècles et il a montré son efficacité. Son but aujourd’hui est d’augmenter la fluidité sociale. On se rend compte qu’un des soucis des patrons est d’instituer un mieux vivre-ensemble. Car, cet état d’esprit crée de l’efficacité. De bonnes relations avec des collaborateurs créent un bien-être, une bonne ambiance et une meilleure productivité.

MG : Pourtant ces règles ne sont pas toujours explicitées ?

SB : C’est vrai. Et, c’est très dommage. Il suffirait de simplement rappeler parfois ce savoir-faire à la française notamment en ce qui concerne la gentillesse, l’habileté, la délicatesse, la galanterie, le respect de la parole donnée. Ce savoir-faire met du rouage dans les relations et fluidifie les rapports entre les hommes.

MG : Auriez-vous des principes de base lorsque nos auditeurs sont dans une entreprise ou hors de l’entreprise ou qu’ils démarrent une démarche réseau ?

 SB : Il faut toujours se tenir en alerte et bien cibler le poste visé. De plus, la façon dont on va s’adresser aux uns ou autres doit être avec délicatesse. Il ne faut pas se précipiter sur les gens en leur demandant un travail. En revanche, il sera utile de se renseigner sur leur métier, de se tenir informé par voir de presse. Si vous n’êtes pas en activité, vous pouvez montrer que vous êtes en éveil et que vous pouvez communiquer sur le sujet. Il est plus facile ainsi d’approfondir une relation professionnelle.

MG : Quel seraient les principes à utiliser lorsqu’on d’adresse a quelqu’un d’autre ?

SB : Il faut, en premier lieu, se situer soi-même. Et, pour se présenter à une personne inconnue, il convient d’annoncer son prénom suivi de son nom. Puis de saluer en disant « bonjour madame » ou « bonjour monsieur ». Et non « bonjour monsieur Moulin ». Et, on ne dit pas « enchanté ». Mais « je suis ravie ou enchanté de faire votre connaissance. ». Vous n’êtes même pas obligé de faire une phrase. Un simple sourire peut convenir parfaitement.

MG : Maintenant, j’ai quelques questions plus spécifiques. Lors du début d’une démarche réseau, quelles sont les règles à respecter lorsque l’on pénètre dans le bureau de quelqu’un que l’on n’a jamais rencontré ?

SB : Un détail qui a son importance est d’arriver à l’heure. Il s’agit ensuite de donner une impression pas trop poussive. Il ne faut pas qu’on voie que c’est une question de vie ou de mort. L’idée est de rester professionnel et léger. Ne dites pas que vous misez tout sur cet entretien. Expliquez rapidement ce que vous attendez de cet entretien. L’idéal est de viser une atmosphère de confiance. Ne l’interrompez pas trop. Laissez la parler librement. Aussi, ne restez pas trop longtemps pour un premier entretien car vous avez bien entendu un entretien à suivre ! Vous avez ensuite 24h/48h pour remercier par email ou texto. Cela fera toujours plaisir à la personne que vous avez rencontrée ainsi qu’à celle qui vous a mis en contact.

MG : Quelles sont les règles spécifiques à adopter lors d’un cocktail qui est l’endroit où les gens se rencontrent le plus ?

SB : Ce qu’il faut comprendre c’est qu’un cocktail, c’est fait pour rencontrer des gens. Ne restez pas seul près du buffet. N’hésitez pas à repérer la personne qui vous intéresse. Dirigez-vous vers elle quand elle est seule. A ce moment, vous vous faites présenter ou vous vous présentez directement. Là, vous posez des questions qui vont vous faire arriver dans le vif du sujet avec les précautions d’usage. . Vous pouvez amorcer ainsi les choses « il me semble que vous connaissez telle personne » ou « Je suis désolé de vous déranger, je voudrais vous poser une question » ou encore. « Je crois que vous connaissez telle entreprise ». Ne soyez pas gêné d’entreprendre cette démarche. Car tous les grands patrons et toutes les personnes en poste ont besoin de rencontrer des personnes. Et il n’est pas écrit sur votre front que vous êtes au chômage.

MG : Imaginons le pire scénario. Vous avez RDV à un cocktail. Et votre ami n’est pas là. Vous vous retrouvez seule au milieu du cocktail. Que conseillez-vous dans ce cas pour que ce ne soit pas une soirée ratée ?

SB : vous vous dirigez vers le buffet et là, très naturellement, vous proposez à quelqu’un qui cherche une boisson ou un petit four de l’aider. C’est là que les contacts sont plus faciles à établir. Elle vous présentera ensuite à d’autres personnes de son entourage.

MG : Comment y engager la conversation avec quelqu’un que l’on ne connaît pas ?

SB : Il est toujours plus facile de se faire présenter. Mais, il n’est pas impoli d’aller de se diriger vers une personne et de lui adresser la parole avec les précautions d’usage. Sentez-vous à l’aise dans la démarche.

MG : Une femme peut-elle se présenter à un homme ?

SB : Oui, aujourd’hui cela se fait. C’est totalement admis. Elle va le faire comme un homme se présenterait à un homme. Il faut garder en tête que les gens sont souvent prêts à aider et que l’autre n’est pas un ennemi.

MG : En ce qui concerne les vêtements : quid du port de la cravate pour les hommes ?

SB : Je recommanderai de se renseigner sur les coutumes de l’entreprise par les sites internet et de voir le style de l’entreprise. La banque n’a pas le même uniforme que dans une start-up. Dans le doute, je vous conseille de mettre une cravate. Vous pouvez l’enlever dans le couloir en attendant l’entretien si vous voyez que la cravate n’est pas adaptée.

MG : Quelles sont les règles vestimentaires spécifiques à appliquer aux femmes ?

SB : Il faut être à l’aise. N’inaugurez pas une nouvelle robe. Restez en harmonie avec vous-même sans jouer la provocation. Un décolleté plongeant, les talons aiguilles et les mini-jupes ne sont pas toujours adaptés. Vous êtes là pour travailler et non pour déconcentrer vos collaborateurs.

MG : Une femme peut-elle accepter (ou comment peut-elle refuser) une invitation pour un café, un déjeuner ou un diner… quelles sont les réponses à faire à ces différents sujets ?

SB : Pour un déjeuner ou un café, il n’y a aucun problème sauf si c’est une auberge à la campagne. En revanche, un dîner, là c’est plus délicat. Vous pouvez toujours argumenter que vous avez des obligations familiales. L’important est donner une raison pour laquelle on refuse ; de ne pas être trop directe. Vous pouvez proposer aussi de rencontrer la personne dans la journée. Si la personne est insistante, vous pouvez préciser que vous préfèreriez rester sur des bases professionnelles. Il comprendra très vite.

MG : Quelles sont les 5 fautes impardonnables à ne pas commettre ?

SB : Premièrement, aborder quelqu’un sans se présenter. Deuxièmement, être trop agressif et mettre une pression dans l’entretien. Troisièmement, avoir une tenue incorrecte peu en harmonie avec vous-même. Quatrièmement, trop s’étendre dans sa situation personnelle. Le mieux est de s’oublier soi-même. Cinquièmement, oublier de remercier est très déplacé.

MG : Quelles sont les 3 choses dont il faudrait se souvenir pour être le plus à l’aise ? 

SB : Il faut tout d’abord essayer d’arriver le plus détendu possible. Ensuite, il faut se mettre dans la tête de la personne en face de vous. Et enfin, il faut continuer à entretenir le lien établi en vous rappelant à la personne grâce à des informations qui pourraient intéresser votre interlocuteur.